TRIBULATION N°10 - Janvier 2003 Pour la nouvelle année, je ne vous ferai pas le coup de l'autre femme, transfigurée par les bonnes résolutions, je sais que vous auriez du mal à me croire. Et pourtant, la vérité n'est pas si loin... Auto‑psy Car pour aborder cette « happy new year », j’ai entrepris une sorte d'auto‑psy je m'explique. Donc après avoir, un soir de blues en pyj‑chaussettes et p'tit blanc qui va bien, examiné le bilan de l'an presqu' échu, j'ai failli siffler la bouteille cul sec. Y'a toujours plus malheureux que soi, mais c'est pas ça qui console. De mes bonnes résolutions de l'an 2001, il ne reste que poussière, et je suis polie. Enfin si, les résolutions. Pour le reste, genre je me remets au sport, j'arrête de croire au prince charmant en grillant deux paquets de blondes dans la soirée, agrémentés de trois tablettes de chocolat... Pour tout ça, et le reste, soyons honnête, mon bilan perso est relativement pitoyable. Mon psy, ça l'a laissé froid : « On va envisager une approche plus approfondie de votre surmoi, car vos actes, qui viennent à n'en pas douter du plus loin de votre inconscient, démontrent que quelque chose vous tracasse». Perspicace, le garçon ! Défi Du coup, j'ai décidé de prendre les choses en main toute seule. En partant d'un lumineux constat : les bonnes résolutions étant à peu près aussi efficaces que ma séance de gym bisannuelle sur l'état de mes fessiers, autant ne pas se fatiguer pour rien. Ce qui vaut pour les résolutions, donc pour la gym, l'arrêt du tabac et de l'apéro, les stocks de bonbecs, les bouffes du Sud‑Ouest, et les tentatives un brin désabusées de trouver la perle rare au rayon hommes. Mais ne croyez pas que ça a été facile ! Renoncer à mon hygiène de vie et de pensée a nécessité une énergie de tous les instants. Je vous rassure pourtant, les efforts, quand on y met vraiment du sien, ça paye. Une grosse semaine de cure et déjà, je sentais que ça venait. Au rythme de quatre paquets de haribo par jour, combinés à cinq repas gastronomiques quotidiens (dans Cosmo, ils disent qu'il faut fractionner, sinon l'organisme stocke) arrosés dignement, le tout s'enchaînant par de folles nuits non moins copieusement enfumées, je peux vous certifier que ça fait vite son effet. Ca vous la coupe ça… Pas forcément celui que je recherchais, mais je suis habituée. Surtout que finalement, je crois bien que j'ai gagné sur tous les tableaux. Le trop plein m'ayant fait l'effet d'un vaccin. J’ai d'un coup vu les bouteilles d'eau gazeuse et autres crudités d'un oeil tout neuf, limite tenté. Sur le front de la fumette, ma gorge ayant déclaré forfait, j'ai dû mettre un sérieux holà. C'est donc avec un teint de jeune fille et une taille de guêpe que je me suis pointée au réveillon. Bon d'accord, le p'tit gars que j'ai ramené a été comme qui dirait trompé sur la marchandise... En même temps, qui ne tente rien... Soaz Tribulation tirée de Un Autre Finistère |