TRIBULATION N°1 - Mars 2002

Moi, c'est Soaz. Inutile de préciser l'adresse : depuis toute petite y'a comme marqué «brestoise » sur mon front, allez savoir pourquoi... Le reste est à l'avenant : à trente ans, j'affiche régulièrement mes quatre kilos en trop en été, cinq en hiver. Six cette année, mais je ne me jette pas la pierre. Parce que je ne sais pas pour vous, mais du côté de chez moi, le baromètre du début 2002 n'a bas franchement affiché le beau fixe.

 Pourtant, tout avait l'air plutôt mieux parti que l'année dernière, au hasard. décembre 2000, je l'avais passé à éponger mon deux pièces rez‑de‑chaussée sympathiquement investi par l'Elorn, à Landerneau. Du coup, ayant remis le cap sur Brest, pour un sixième étage bien agi sec, je me suis consacrée à la préparation de ma nouvelle vie. Ne rigolez pas, je ne vous fais pas le coup des bonnes résolutions. Nouvel appart', nouveau boulot, pas de nouveau mec mais on ne peut pas assurer partout : vous avouerez que dans le genre, c'était plutôt le grand saut. Forcément, j'ai aussi arrêté. De fumer s'entend. Donc commencé. Un régime, logiquement.

Et le kilo en trop dans tout ça ? J'y arrive.

 Mon kilo contre des euros.

 Ayant décidé d'arrêter de fumer, j'avais devant moi la perspective de sympathiques économies. Donc de quoi me ruer dans les boutiques quimpéroises bien hype pour dépenser mes futurs sous pendant les soldes. Ce que je me suis empressée de faire, en raflant toutes les jupettes taille 36, histoire de me motiver pour le régime. Petit souci : dans l'euphorie, j’ai un peu trop anticipé les économies, beaucoup trop flashé sur les jupettes, et carrément zappé qu'un euro n'avait pas tout à fait la même valeur qu'un franc.

 D'où le léger gouffre au niveau de mon compte chèques. D'où ma déprime, quand j'ai réalisé l'étendue des dégâts (moins 800 euros au 15 janvier, c'est pas très raisonnable). D'où l'achat de la cartouche de blondes, pour me calmer les nerfs, et la liquidation totale des fraises Tagada du rayon « confiseries » de l'épicier d'en bas. D'où, vous l'aurez compris, le kilo en trop.

 C'est moi qui vous le dis il n'a pas que la hausse des prix à se reprocher, l’euro ! Mais mon kilo, il va bien falloir que je le déduise de quelque part. Et comme la balance refuse de faire la soustraction, je ne sais pas si je ne vais pas la faire moi même... Sur ma feuille d'impôts. Après tout, faut bien que l'État assume ses choix. Et avec la période d'élections qui se prépare, ils ne peuvent pas me refuser ça, si ?

Soaz  

Tribulation tirée de Un Autre Finistère